Guerre au Moyen-Orient, pétrole au-dessus de 100$, tensions commerciales, dettes publiques gigantesques… Sur le papier, tout devrait profiter à l’or !
Pourtant, le métal précieux vient de perdre 6% en septembre.
Surtout, il abandonne 26% depuis son record historique atteint fin janvier.
Le paradoxe est spectaculaire : le monde est plus incertain, mais l’or recule.
Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement
L’explication tient en grande partie en deux mots : taux réels.
Concrètement, il s’agit du rendement d’une obligation après prise en compte de l’inflation.
Aux États-Unis, le taux réel à dix ans avoisine désormais 2,9%.
L’or ne verse ni coupon, ni dividende. Face à des obligations américaines offrant près de 3% de plus que l’inflation anticipée, le conserver devient de moins en moins attractif.
Le dollar s’est en plus renforcé ces dernières semaines, ajoutant une pression supplémentaire. Quand le billet vert monte, l’or devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
Et pourtant, malgré la baisse des cours, les banques centrales continuent d’accumuler.
Elles ont acheté 289 tonnes d’or au deuxième trimestre, soit 62% de plus qu’il y a un an, pour environ 45 milliards de dollars.
Sur les quatre dernières années, leurs achats ont tourné autour de 1 000 tonnes par an, deux fois plus que la moyenne de la précédente décennie.
Pologne, Chine, Ouzbékistan ou Kazakhstan figurent parmi les acheteurs les plus actifs en 2026.
74% des banques centrales anticipent une baisse de la part du dollar dans les réserves mondiales au cours des cinq prochaines années.
Clairement, elles veulent réduire leur dépendance au dollar et aux actifs américains.
La Chine en est le parfait exemple. Ses obligations du Trésor américain sont tombées à 618 milliards de dollars en juillet, contre 730 milliards mi-2025 et 1 320 milliards à leur pic en 2013. En parallèle, elle renforce ses achats d’or.
Mais il s’agit davantage d’une dédollarisation progressive que d’un abandon brutal du billet vert.
Toute l’histoire de l’or se résume aujourd’hui à un bras de fer.
À court terme, les taux élevés, le dollar fort et la perspective de nouvelles hausses de taux de la Réserve fédérale pèsent lourd.
À long terme, les achats des banques centrales et les tensions géopolitiques restent de puissants soutiens.
Le marché oppose donc un vent contraire monétaire très puissant à une tendance structurelle toujours favorable.
La baisse récente ne remet pas en cause l’utilité de l’or dans une allocation diversifiée.
Envisagez 1 à 5% d’exposition à l’or selon votre profil de risque, principalement comme outil de diversification et de protection face aux crises extrêmes.
Gardez à l’esprit que l’or peut chuter, parfois fortement, même lorsque le monde va mal.
Après avoir perdu 45% entre 2011 et 2015, l’or a rebondi de 290% jusqu’à aujourd’hui, contre environ 140% pour le CAC 40 dividendes réinvestis.
C’est précisément la leçon du moment : une valeur refuge n’est pas un actif qui monte toujours.
C’est un actif dont l’intérêt se juge sur l’ensemble d’un portefeuille et sur la durée.
Pour investir dans l'Or, l'ETF Amundi Physical Gold (ISIN : FR0013416716) est disponible dans notre contrat Meilleurtaux Liberté Vie.
>> Je découvre Meilleurtaux Liberté Vie
À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?
À l’approche des midterms, Trump veut injecter 40 millions de barils issus des réserves stratégiques pour baisser les prix de l’essence.
Une intervention importante (et désespérée ?), mais qui illustre aussi la tension actuelle… Entre la guerre avec l’Iran et les perturbations géopolitiques, le pétrole reste au-dessus des 100$ le baril.
En hausse de 60% depuis le début de l’année, le gallon d’essence (3,8 litres) frôle désormais 4,50$.
Mais cette arme n’est pas illimitée. Les réserves stratégiques américaines sont tombées à 284 millions de barils, leur plus bas niveau depuis 1982.
Trump achète donc du temps… en puisant un peu plus dans l’assurance-vie pétrolière des États-Unis.
C’est le montant que la France compte emprunter en 2027.
Un nouveau record, alors que la dette publique atteint déjà 119% du PIB.
Avec un taux à dix ans proche de 4,8%, les vieilles dettes bon marché sont progressivement remplacées par des emprunts beaucoup plus coûteux.
La charge de la dette devrait ainsi passer de 63 milliards en 2026 à 100 milliards en 2030 et devenir le premier poste de dépenses de l’État…
On ne parle ici que du paiement des intérêts. Pas du remboursement de la dette.
À l’approche de la présidentielle, on attend toujours les propositions crédibles de réduction durable des dépenses.
On peut toujours rêver.
"Wall Street hésite et l’Europe peine toujours à avancer. Hier soir, les grands indices américains ont clôturé en légère baisse. Tous les regards se tournent désormais vers l’inflation américaine d’août, attendue à 3,7% sur un an. Verdict cet après-midi.
En attendant, le CAC 40 ouvre en hausse de 0,35%, à 8 064 points. Legrand reste sous les projecteurs après son bond de 6,1% hier, porté par des objectifs 2030 relevés et par l’essor des data centers, devenus l’un de ses principaux moteurs de croissance. Pernod Ricard (+1,8%), Accor (+1,6%) et Euronext (+1,5%) signent les meilleures performances à Paris ce matin."
Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme Première ministre du Maroc ; Starship atteint enfin l’orbite. La fusée géante de SpaceX a déployé 26 satellites Starlink pour la première fois, avant d’exploser dans le Pacifique ; Moscou place les actifs russes de Nestlé, Metro et Auchan sous contrôle de l’État ; Washington et Taïwan continuent de discuter ventes d’armes. Après le sommet Trump-Xi, la ligne américaine sur la défense de l’île n’a, pour l’instant, pas bougé ; Apple vient d’ouvrir sa toute première salle de concert permanente à Londres et a confié l’inauguration à Elton John ; Lindt revoit encore ses prévisions de vente à la baisse. Avec un cacao en hausse de 80% sur six mois, le chocolat commence à coûter bonbon ; Une performance sportive et une agression visuelle en même temps : un coureur russe a bouclé le marathon de Berlin en 2h30 en Crocs jaune moutarde.