La présidentielle de 2027 a déjà commencé… en Bourse. Depuis cet été, le CAC 40 décroche, les taux français s’envolent et la prime de risque politique atteint des niveaux inconnus depuis la crise des dettes souveraines. Jusqu’où les marchés peuvent-ils sanctionner la France ? Et surtout, comment protéger son épargne si la tension monte encore ? Retour sur les précédentes élections et tour d’horizon des solutions à envisager dès maintenant.

Jusqu’où les marchés peuvent-ils sanctionner la France ?
Depuis la fin de l’été, le décrochage est spectaculaire. Le 27 août, le CAC 40 clôturait encore à près de 8 320 points et l’écart de rendement entre l’obligation française à dix ans et son équivalent allemand tournait autour de 88 points de base. Début octobre, le CAC évolue sous les 7 900 points tandis que ce spread dépasse 130 points de base, son plus haut niveau depuis la crise des dettes souveraines de 2012. Le rendement de l’obligation à dix ans a approché 5%, au plus haut depuis 2002. Certes, la hausse mondiale des taux et du pétrole joue un rôle majeur. Mais la sous-performance française traduit également une défiance spécifique envers nos finances publiques et notre instabilité politique.
Ce phénomène n’est pas nouveau. En 2012, en pleine crise de la zone euro, ce spread OAT-Bund avait approché 150 points de base avant l’élection opposant Nicolas Sarkozy à François Hollande. Mais le résultat du scrutin n’avait finalement déclenché aucune panique : le lendemain de l’élection de François Hollande, le CAC 40 progressait et les taux français reculaient. La crise européenne dominait alors largement le risque politique français.
En 2017, le risque électoral fut beaucoup plus visible. En février, l’écart OAT-Bund avait atteint près de 80 points de base sur fond de craintes liées à une éventuelle remise en cause de l’appartenance de la France à l’euro. Le CAC 40 sous-performait également les autres indices européens. Surtout, à quelques jours du premier tour, Société Générale estimait qu’un duel Jean-Luc Mélenchon / Marine Le Pen pouvait faire grimper le spread vers 125 à 150 points de base. Finalement, la qualification d’Emmanuel Macron et Marine Le Pen provoqua un immense soulagement : le CAC 40 bondit de plus de 4% le lundi suivant le premier tour et les obligations françaises se détendirent brutalement.
Même mécanique en 2022. À cinq jours du premier tour, le resserrement des sondages entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen déclencha une brusque montée de la prime de risque. Le 5 avril, le CAC 40 perdit 1,28%, les banques françaises reculèrent de 4% à 6% et le spread OAT-Bund atteignit 55 points de base. Après le second tour, il se détendit rapidement vers 45 points.
2027 : LA FRANCE PART DE PLUS HAUT

Cette fois, le marché part de beaucoup plus haut !
Voilà toute la différence avec 2027. À plus de six mois du scrutin, le spread français dépasse déjà très largement les pics observés avant les élections de 2017 et 2022. La dette publique atteint environ 119% du PIB et la France prévoit d’émettre un record de 340 milliards d’euros de dette à moyen et long terme en 2027. Dans ce contexte, Reuters rapporte que les investisseurs considèrent notamment qu’un second tour entre le RN et LFI pourrait provoquer un nouveau choc sur les actifs français. Ce scénario concentre les inquiétudes car les marchés s’interrogent sur la trajectoire budgétaire qui suivrait le scrutin, quelle que soit l’issue politique de ce duel.
Le premier canal de transmission serait évidemment le marché obligataire. Une hausse supplémentaire du spread signifie un coût de financement plus élevé pour l’État, puis potentiellement pour les banques et les entreprises françaises. Les banques sont particulièrement sensibles au phénomène : elles détiennent des obligations, financent l’économie domestique et sont directement exposées à une dégradation de la perception du risque France.
Le deuxième risque vient des hedge funds. Certains investisseurs vendent déjà des contrats futures sur les OAT pour parier sur une poursuite de leur baisse de valeur. La Banque de France souligne surtout un phénomène plus subtil : les fonds spéculatifs sont devenus très actifs sur la dette française à travers des stratégies d’arbitrage extrêmement endettées. En période normale, elles améliorent la liquidité. En période de stress, appels de marge et débouclages forcés peuvent au contraire accélérer brutalement les mouvements. Autrement dit, une véritable crise de confiance pourrait être amplifiée par les mécanismes mêmes du marché.
Enfin, il existe un risque difficilement quantifiable : celui d’une campagne ou d’un après-scrutin accompagné de fortes tensions sociales et de troubles urbains. Il ne s’agit pas d’un scénario central que l’on peut sérieusement prévoir aujourd’hui. Mais le climat est déjà particulièrement polarisé et la rentrée 2026 a été marquée par des manifestations, des blocages d’établissements scolaires et plusieurs épisodes violents. Une enquête Ipsos menée auprès de plus de 13 000 électeurs mesure parallèlement des niveaux très élevés d’inquiétude et de polarisation politique. Une prolongation de ces tensions pourrait ajouter une nouvelle prime de risque sur les actifs français, notamment les valeurs domestiques.
Et il ne faut pas compter automatiquement sur la BCE pour éteindre l’incendie. Son outil anti-fragmentation, le TPI, existe, mais plusieurs responsables européens rappellent qu’il n’a pas vocation à neutraliser une hausse des taux justifiée par des déséquilibres budgétaires. La France est en outre sous procédure européenne pour déficit excessif.
La présidentielle pourrait donc devenir, bien avant avril 2027, l’une des principales épées de Damoclès pesant sur le CAC 40, les banques françaises, l’euro et, surtout, les OAT.
COMMENT PROTÉGER SON ÉPARGNE ?

Face à ce type de risque, la pire réponse serait probablement de vouloir deviner aujourd’hui le résultat de l’élection et de basculer l’intégralité de son patrimoine dans un seul scénario.
Une stratégie plus robuste consiste à agir sur quatre leviers : sécuriser une partie du capital, réduire son exposition directe à la France, profiter du retour du rendement obligataire et conserver quelques outils permettant de gagner ou de résister en cas de forte baisse du CAC 40.
Le fonds en euros : le premier pare-chocs
Pour la partie de l’épargne que l’on ne souhaite tout simplement pas exposer aux marchés, le Fonds Euro Nouvelle Génération de Spirica constitue naturellement la première ligne de défense du contrat Meilleurtaux Liberté Vie.
Il a servi 3,08% net de frais de gestion en 2025, hors prélèvements sociaux et fiscaux. Le contrat permet en outre d'investir jusqu'à 100% d'un versement sur le fonds en euros. C’est surtout une poche qui n’est directement exposée ni au CAC 40 ni aux fluctuations quotidiennes des OAT détenues sous forme d’unités de compte.
Son intérêt n’est donc pas de battre la Bourse sur dix ans. C’est de donner du temps. En cas de correction brutale avant ou après l’élection, cette réserve pourra ensuite être progressivement réinvestie sur des actifs devenus plus attractifs.
Le monétaire : rester liquide sans rester inactif
Deuxième étage : les fonds monétaires. Meilleurtaux Liberté Vie donne notamment accès à AXA Court Terme (ISIN : FR0000288946) et Edmond de Rothschild Credit Very Short Term (ISIN : FR0010027623), tous deux classés au niveau de risque 1 sur 7 dans la documentation du contrat.
Ils permettent d’investir sur des instruments de très courte maturité dont la rémunération suit largement les taux monétaires. Leur volatilité est normalement très limitée par rapport aux actions ou aux obligations longues. En revanche, contrairement au fonds en euros, le capital n’est pas garanti et leur rendement diminuera si les banques centrales réduisent fortement leurs taux.
C’est une solution particulièrement intéressante pour constituer une poche d’attente pendant la campagne présidentielle.
Meilleurtaux Global Horizon 2032 : profiter des taux plutôt que de les subir
La hausse actuelle des taux fait souffrir les marchés, mais elle crée aussi une opportunité historique : les obligations offrent à nouveau du rendement.
Meilleurtaux Global Horizon 2032 (ISIN : FR0014017NW5), accessible dans Meilleurtaux Liberté Vie, investit dans un portefeuille diversifié d’obligations internationales d’entreprises, libellées notamment en euros, dollars et livres sterling, avec couverture du risque de change. Son horizon est fixé à décembre 2032. Au 28 août, son rendement annualisé à maturité était estimé à 5,04%* par an.
L’intérêt dans le contexte actuel est double. Le fonds permet d’abord de réduire la dépendance aux actions françaises. Il permet ensuite de profiter du niveau actuellement élevé des rendements obligataires à travers une logique de portage jusqu’en 2032.
Attention toutefois : 5,04% est un rendement actuariel estimé, pas une promesse. Le fonds investit notamment dans des obligations d’entreprises à haut rendement. Défauts, dégradations de notation ou mouvements de marché peuvent entraîner une perte en capital, particulièrement en cas de sortie avant l’échéance.
L’ETF CAC 40 inverse : l’assurance anti-krach… à manier avec précaution
Pour les investisseurs les plus avertis, Meilleurtaux Liberté Vie référence également un outil particulièrement rare en assurance-vie : Amundi CAC 40 Daily (-1x) Inverse (ISIN : FR0010591362).
Son principe est simple : il vise à reproduire chaque jour l'évolution inverse du CAC 40 dividendes bruts réinvestis. Si son indice de référence baisse de 2% sur une séance, l’objectif de l’ETF est donc approximativement de gagner 2%, avant écarts de réplication et frais. À l’inverse, si le marché gagne 2%, l’ETF perd environ 2%.
C’est potentiellement un outil remarquable pour couvrir temporairement une poche d’actions françaises à l’approche d’un événement politique important.
Mais le mot essentiel est « Daily ». L’exposition est réinitialisée quotidiennement. Sur plusieurs semaines ou plusieurs mois, la performance ne correspond donc pas nécessairement à l’exact opposé de celle du CAC 40, surtout lorsque le marché alterne fortement hausses et baisses. Amundi lui attribue d’ailleurs un niveau de risque de 5 sur 7 et retient un horizon de référence d’un jour.
Ce n’est donc pas un fonds défensif classique. C’est un instrument tactique de couverture, destiné à être surveillé et ajusté.
Réduire le « risque France » sans sortir des actions
Se protéger d'une crise politique française ne signifie pas nécessairement abandonner les actions.
Le contrat permet désormais de diversifier très largement hors de France. Amundi Core MSCI World (ISIN : IE000BI8OT95) donne par exemple accès à plusieurs centaines de grandes entreprises internationales. Il est actuellement référencé dans Meilleurtaux Liberté Vie.
Un investisseur aujourd’hui extrêmement concentré sur le CAC 40 peut donc réduire son risque politique spécifique en répartissant une partie de son exposition entre États-Unis, Europe hors France, Japon et autres marchés développés.
Cela ne supprime évidemment pas le risque boursier : un choc français suffisamment important pourrait contaminer l’ensemble de l’Europe, tandis que les marchés américains ont leurs propres risques de valorisation, de taux et de change. La diversification protège d’un risque spécifique, pas d’un krach mondial.
Miser sur les gagnants… et les perdants !
Autre solution particulièrement adaptée aux marchés agités : BDL Rempart (ISIN : FR0010174144). Ce fonds long / short ne cherche pas simplement à profiter d’une hausse des actions européennes. Il combine des positions acheteuses sur les entreprises jugées solides ou sous-valorisées et des positions vendeuses sur celles considérées comme plus fragiles ou survalorisées. Son exposition nette peut ainsi varier fortement, afin de réduire sa dépendance à la direction générale des marchés.
Dans une période où le risque politique français peut provoquer de fortes rotations sectorielles et creuser les écarts entre gagnants et perdants, cette souplesse est précieuse. BDL Rempart peut chercher de la performance aussi bien grâce aux valeurs qu’il sélectionne qu’à celles contre lesquelles il se positionne. Le fonds affiche d’ailleurs un indicateur de risque de 3 sur 7 et gagne encore environ 22%* sur trois ans à fin septembre 2026. Il constitue ainsi une brique intéressante pour diversifier une allocation sans dépendre exclusivement de la hausse du CAC 40.
Ne pas prédire. Préparer.
Personne ne sait aujourd’hui quel sera le résultat de la présidentielle 2027, ni même quelle sera exactement l’affiche du second tour. En revanche, le marché nous donne déjà une information précieuse : la période de tranquillité sur le risque France est terminée.
Avec un spread OAT-Bund revenu sur les niveaux de la crise souveraine de 2012, des besoins de financement records et une campagne électorale qui ne fait que commencer, les prochains mois devraient rester extrêmement sensibles aux sondages, aux programmes budgétaires et aux tensions politiques.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de sortir des marchés. Il est de construire une allocation capable d’encaisser plusieurs scénarios : fonds en euros et monétaire pour la stabilité, obligations datées pour le rendement, diversification internationale pour réduire le biais France, stratégies décorrélées et, pour les investisseurs expérimentés, une couverture inverse temporaire du CAC 40.
Dans les périodes politiques les plus incertaines, la meilleure protection n’est pas de savoir à l’avance ce qui va se passer. C’est de ne pas dépendre d’un seul scénario !
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