La Turquie était, comme beaucoup de pays émergés, un des chouchous des investisseurs qui avaient fini par ignorer toute notion de risque. Après quatre jours d'affrontements, la Bourse a perdu hier plus de 10%, les taux se sont tendus et la livre turque à chuter. Un rappel pour les investisseurs béats qu'on ne doit jamais ignorer les risques potentiels.
La situation reste tendue en Turquie après quatre jours de manifestations
Au-delà des aspects politiques, ce qui se passe en Turquie est riche en enseignements d’un point de vue financier. La Turquie c’est un des chouchous des investisseurs financiers depuis plusieurs années et particulièrement depuis quelques mois. Il faut dire qu’avec la croissance la plus forte de l’OCDE, une population de plus de 75 millions d’habitants et une classe moyenne en pleine explosion, la Turquie a tout du candidat idéal.
Les évènements ont semé le doute sur les marchés
La bourse a perdu hier plus de 10% dans la journée, la livre turque a perdu deux pour cents et les taux à deux ans ont frôlé les 7%. Et les stratégistes spécialisés recommandent de réduire l’exposition au pays.
Quel enseignement peut on tirer de cette situation ?
De façon générale, et probablement du fait de l’abondance des liquidités sur les marchés, les investisseurs ont perdu conscience du risque sur les pays émergents. Cela fait plusieurs mois qu’il y a un peu d’exubérance irrationnelle dans une série de pays, de l’Afrique à l’Asie du Sud Est ; des pays dynamiques certes, des futures puissances économiques mondiales, mais des pays dans lesquels les risques politiques, sociaux, économiques n’ont pas disparu. Loin de là. Si il y a une leçon à tirer de la crise Turque, c’est qu’il faut toucher se méfier des miracles annoncés.