Même si les marchés émergents ont rebondi avec le changement de discours du patron de la FED depuis deux jours, on sent que la part de rêve et de fantasme qui a amené les investisseurs à déverser des torrents de fonds sur ces marchés a disparu. C'est un retour à la réalité. Et c'est une démarche saine.
Grève générale et hausse des taux au Brésil
Ce qui se passe au Brésil est une fascinante illustration du retour à la réalité sur les pays émergents après des années de fantasme. Prenons la semaine qui vient de s’écouler. Grève générale hier largement suivie, un pouvoir en perdition avec une présidente au plus bas de sa popularité. Et une économie coincée entre un ralentissement de la croissance et une explosion de l’inflation. Et les capitaux étrangers qui partent du pays aussi vite qu’ils sont arrivés
La crainte de resserrement de la politique monétaire Américaine a accentué cet exode
Mais c’est l’arbre qui cache la forêt. Les difficultés du Brésil sont bien brésiliennes. Les deux moteurs de sa formidable croissance étaient les matières premières, qui ont chuté, et la consommation des ménages qui s’est écroulée du fait de l’effondrement du pouvoir d’achat. Et le Brésil est quand même obligé de monter ses taux, encore une fois, à 8.5% pour soutenir sa monnaie. Et on trouve des situations aussi problématiques en Inde, en Indonésie et bien sûr en Turquie ou ailleurs.
Est-ce la fin du grand cycle de hausse des pays émergents ?
Non. Mais c’est un retour à la réalité. Ces pays deviendront les leaders économiques de demain. Demain. Pas aujourd’hui. Et cela n’arrivera pas sans des crises profondes. On appelle cela des crises de croissance.