L'équipementier électrique Schneider Electric (SU.FR) va lancer une OPA amicale sur le spécialiste britannique des systèmes de contrôle et d'automation Invensys (ISYS.LN) pour un montant total de 3,31 milliards de livres, ce qui représente environ 3,8 milliards d'euros.
Le groupe britannique a donc reçu une proposition de rachat de la part du français à 505 pence par action, dont 319 pence en cash, le solde restant en nouvelles actions Schneider. "Le conseil d'administration d'Invensys a indiqué à Schneider qu'il était susceptible de recommander d'accepter une offre ferme de ce montant", a déclaré Invensys dans un communiqué.
L'industriel français quant à lui « considère que cette acquisition, si elle se conclut, présenterait un intérêt stratégique et financier majeur", en lui permettant "d'accroître son exposition sur le secteur particulièrement attractif des automatismes industriels".
Schneider Electric, dont le métier d'équipementier électrique a évolué vers celui de gestionnaire des ressources énergétiques sous la houlette de son PDG Jean-Pascal Tricoire, estime par ailleurs que la transaction permettrait de réaliser des synergies de coûts importantes, grâce à une efficacité opérationnelle renforcée, ainsi que des synergies commerciales sur l'ensemble des bases de clients de Schneider Electric et d'Invensys au niveau mondial", a déclaré le groupe français.
Le rachat d'Invensys constituerait la plus grosse acquisition réalisée par Schneider depuis celle de l'éditeur de logiciels Telvent en 2011.
Une offre d'acquisition qui est scrutée à la loupe par les brokers. Pour Citigroup, l’offre à 5,05 livres sterling par action en numéraire et en titres Schneider, semble onéreuse qui souligne que "l'effet relutif sur le bénéfice par action sera probablement limité et ce projet suscite de nouvelles inquiétudes sur le rendement des capitaux investis chez Schneider", indique la banque. "Schneider a dépensé 15 milliards d'euros en dix ans pour réaliser des acquisitions afin de soutenir une croissance organique des bénéfices inférieure à la moyenne", souligne Citigroup. L'action Schneider abandonne 4% à 57,69 euros, alors qu'Invensys grimpe de 14,4% à 504 pence.
Du coté de Goldman Sachs, on considère que cette acquisition serait un bon complément stratégique pour le portefeuille de Schneider Electric (SU.FR) dans l'automation. La banque attend de nouvelles informations sur les synergies potentielles entre les deux groupes, et sur ce qu'il adviendra du passif du fonds de pension d'Invensys. Goldman Sachs a une recommandation "achat" sur Schneider, avec un objectif de cours de 67 euros. L'action Schneider recule de 3,58%, à 55,94 euros.