Difficile premier semestre pour Rougier. Le spécialiste des bois tropicaux a fait part d’un déficit de 6,6 millions d’euros sur la période, les comptes ont été plombés par des dépréciations d’actifs au Gabon.
Mais avant d’entrer plus dans les détails, il convient de présenter cette société qui est méconnue du grand public. Le groupe Rougier est un leader des bois tropicaux certifiés africains. Il s’organise autour de trois activités : Rougier Afrique International (exploitation de forêts naturelles, transformation industrielle et commerce international), Lignafrica (étude, gestion et investissements dans les plantations forestières industrielles en Afrique), Rougier Sylvaco et Rougier Panneaux (importation et distribution en France de bois de toutes origines).
L’exploitant a donc creusé ses pertes à 6,6 millions d’euros après un déficit de 3,5 millions d’euros sur l’exercice 2012 suite à une dépréciation exceptionnelle de 3,6 millions d’euros liée aux activités au Gabon. « Les nécessaires changements dans l'organisation des activités et l’adaptation au nouveau modèle économique ont conduit à enregistrer des pertes importantes ». Au Cameroun et au Congo, Rougier a été confronté à des problèmes administratifs et logistiques, qui ont affecté « temporairement et de façon limitée » les performances des filiales. En France, les résultats de la branche Importation et Distribution ont été pénalisés par la contraction du secteur du bâtiment.
Avec tous ces éléments combinés et compte tenu « d’un décalage dans le retournement de tendance », le résultat opérationnel est bien ancré dans le rouge à -8,1 millions d’euros. Idem pour le résultat opérationnel courant qui bascule en négatif à hauteur de 4,4 millions d’euros alors qu’il était en déficit symbolique de 35 000 euros à fin juin 2012. Le chiffre d’affaires baisse de 11,4 %, à 65,3 millions d’euros, contre 73,7 millions un an plus tôt.
Conséquence logique de ces importantes pertes, les capitaux propres totaux ont reculé à 59,8 millions d’euros au 30 juin contre 69,5 millions à la fin de l’année 2012.
Le groupe ne s’attend pas à une amélioration de la conjoncture, même si Rougier estime que le pire est derrière lui avec un point bas qui a été atteint au premier semestre. Pour limiter l’impact de cette conjoncture, Rougier privilégie le recentrage de ses activités au Gabon (arbitrage d'actifs, développement du chiffre d’affaires local et maîtrise de l'exécution). Le plan de redressement va s'accompagner de mesures d’économie amplifiées engagées au deuxième trimestre de l’année 2013 : ajustement des effectifs au Gabon, optimisation de la logistique, baisse des coûts de structure et limitation des investissements