Le bras de fer qui oppose la Grèce à l’Europe renforce l’aversion au risque. Les marchés consolident, les investisseurs s’inquiètant du dialogue de sourd entre l’Union européenne et le gouvernement grec, qui porte sur la renégociation de la dette grecque.
Dans son discours de politique générale, le nouveau premier ministre grec Alexis Tsipras s’est montré offensif en déclarant qu'il n'accepterait pas une prolongation du programme d'aide, censé s'achever à la fin du mois.
Le nouveau gouvernement grec refuse donc de poursuivre la politique d'austérité qui a été imposée en 2010 à la Grèce en échange d'un plan d'aide international et demande à la place un "plan-relais" jusqu'à un accord définitif avec ses partenaires européens. Une intransigeance qui passe mal en Allemagne. M. Schäuble, le ministre des finances allemand s’est montré intraitable en rappelant que "S'ils (les Grecs) veulent notre aide, il faut un programme" en bonne et due forme.
Un bras de fer qui renforce les incertitudes ainsi que l’aversion pour le risque. Le CAC recule ainsi de 1,36%, à 4627 points. Ailleurs, le Dax perd 1,67%, tandis que Madrid et Milan redonnent respectivement 2,05% et 1,8%. La bourse d’Athènes perd de son coté 4,75%.
Du coté des valeurs, Technip qui vient de remporter un contrat pour une nouvelle usine à Qingdao en Chine s’adjuge 2,33%, à 56,33 euros. Le titre profite également d’une analyse positive et de la remontée des cours pétroliers qui anticipe un rééquilibrage de l’offre par rapport à la demande. Dans son sillage CGG bondit de 4,57%, à 6,13 euros soutenu par Berenberg qui a entamé le suivi de CGG à "conserver" avec un objectif de cours de 5,40 euros suivi de Maurel et Prom qui gagne 2,35%, à 8,42 euros.
A l’inverse, BNP se distingue parmi les plus fortes baisses. Le titre dégringole de 3,31%, à 45,61 euros pénalisé par JPMorgan qui a abaissé sa recommandation de "neutre" à "sous-pondérer" sur le titre, avec un objectif de cours ramené de 58 à 48 euros. Axa et Société générale redonnent également 2,59% et 2,53% respectivement.
Le secteur automobile se distingue également en baisse, plombé par la prudence d’un analyste sur le secteur automobile allemand. Renault lanterne rouge, perd 4,15%, à 68,21 euros, Valeo recule de 2,75%, à 123,80. Peugeot chute de 3,46%, à 12,85 euros. Faurecia recule de 4,37%, à 35,99 euros, Plastic Omnium cède également 4,32%, à 25,05 euros.
A l’inverse, Vinci et Eiffage se distinguent dans le vert soutenus par les déclarations de François Hollande qui espère pour les "prochains jours" un accord entre l'Etat et les sociétés d'autoroutes sur le tarif des péages.
Sur le marché des changes, l’euro avance de 0,1% , à 1,1327$ mais redonne 0,28% face au yen à 134,67 yens. La devise japonaise profite du regain d’aversion au risque pour se renforcer aussi face au dollar qui recule de 0,37% à 118,69 yens.
Autre signe du retour de la prudence, l’once d’or qui grimpe de 0,36%, à 1239$.