Dans un marché miné par l’imbroglio sur le dossier grec, Vallourec grappille 0,29% à 41,69 euros alors que le spécialiste des tubes en acier sans soudure publiera demain après-Bourse ses résultats du premier trimestre 2012.
Pour rappel, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 5,3 milliards d’euros contre 4,49 un an auparavant pour un résultat d’exploitation qui avait atteint de 693 millions d’euros, ce qui matérialisait une marge de 13%. Quant au bénéfice net, il s’est élevé à 402 millions d’euros à l’issue de l’exercice écoulé.
Si le groupe est parvenu à renouer avec la croissance à l’issue de l’exercice 2011, le groupe doit toujours composer avec une conjoncture économique difficile du fait de la cyclicité de son métier. Vallourec a certes consolidé toute sa stratégie vers l’international, en se positionnant en Amérique du Nord mais aussi dans les pays émergents pour limiter les effets du ralentissement économique en Europe.
Point d’orgue de cette internationalisation, la construction d’une usine au Brésil qui a coûté 2 milliards d’euros au groupe, partagés avec son homologue japonais Sumitomo, au sein d’une filiale commune dans laquelle le français est majoritaire. La production de l’usine concerne des tubes haut de gamme, avec pour principal client la compagnie pétrolière nationale brésilienne Petrobras. Mais la production de ce site, qui a démarré à l’automne dernier, ne sera pas uniquement destinée au marché domestique mais aussi aux pays du Moyen-Orient et en Afrique de l’Ouest, deux zones géographiques où la demande reste très forte. Mais il faudra attendre 2013 pour atteindre la pleine capacité de production de l’usine brésilienne… Sans compter que le métier est fortement capitalistique, alors ces investissements industriels initiés par Vallourec vont mettre encore pour quelque temps les marges sous pression…
Mais le groupe peut toujours compter sur une demande mondiale de tubes utilisés dans l’énergie en croissance assez régulière, de 3 à 4 %, avec une croissance plus significative pour les tubes plus haut de gamme… Même s’il est vrai, certains épiphénomènes peuvent venir enrayer la douce mécanique. On se souvient de la catastrophe de Fukushima qui a freiné ou annulé certains projets nucléaires. A court terme, on peut se dire que le groupe devrait connaître des lendemains difficiles, une sombre perspective qui a incité les opérateurs à la prudence sur ce dossier. Depuis près de trois ans, le titre consolide, les investisseurs sanctionnent très durement le spécialiste des tubes sans soudure comme ce fut le cas en fin juillet 2011 lorsque le groupe a publié des comptes et des perspectives qui ont nettement déçu le Marché sur fond de ralentissement de l’économie mondiale, même dans les pays « moteurs » de la planète, Chine en tête. Depuis le début de l’année, le titre Vallourec concède près de 17% et plus de 50% depuis un an…
Pour Oddo à « neutre » sur le dossier avec un cours cible qui est passé prudemment à 52 euros, reste prudent sur le spécialiste des tubes sans soudure avant la publication demain soir de ses comptes du premier trimestre. Le broker s’attend a des résultats en repli de près de 20% pour un EBITDA estimé à 164 millions d’euros. Oddo anticipe « une amélioration progressive au fil des trimestres ». L’année 2013 sera donc celui du rebond pour Vallourec avec la montée en puissance de sa production, mais il reste encore « prématuré à jouer » ajoute l’intermédiaire financier. Le groupe est donc dans une phase de transition alors que les investissements massifs du groupe qui sont proches de leur terme et que la montée en puissance de sa production ne saurait tarder…à moins que la conjoncture ne vienne jouer les trouble-fête.