Areva perd encore 5,56% à 9,04 euros et enfonce un nouveau plus bas historique sous 9 euros et concède ainsi plus de la moitié de sa valeur depuis… le début de l’année. La cote d’amour du spécialiste du nucléaire est au plus bas et rien ne semble rétablir la tendance…
En milieu de semaine, Areva a finalisé la cession de sa participation dans Eramet au Fonds Stratégique d'Investissement. Le groupe nucléaire détenait encore 26% du capital de cette société. Mais hormis cette cession, rien ne semble aller pour le groupe présidé par Luc Oursel. Le dossier souffre de la désaffection du public pour l’énergie nucléaire, encore plus depuis la catastrophe de Fukushima. Plus proche de chez nous, l’incertitude de l’avenir du nucléaire lié au changement de pouvoir politique en France, n’aide pas le dossier à sortir la tête hors de l’eau. L’Allemagne est un cas d’école, le pays ayant décidé de se retirer du nucléaire dans les années à venir. Si dans les économies dites « matures », l’énergie nucléaire est moins en odeur de sainteté, dans les pays émergents il en est tout autre. Pour répondre à une demande plus croissante chaque jour, le nucléaire s’impose comme la source d’énergie la plus à même pour satisfaire cette consommation. D’autant plus que son coût, qui, mis à part l’hydraulique, reste le plus compétitif. Le prix du mégawatt nucléaire est inférieur de moitié à celui produit par le charbon ou l’éolien, et près de quatre fois moindre que celui du solaire.
Aussi, Areva a connu un changement à sa tête avec l’arrivée de Luc Oursel aux commandes du fleuron de l’industrie française à la place d’ « Atomic » Anne Lauvergeon. Le tout nouveau capitaine d’un navire en perdition s’est charger de redresser la barre en faisant table du passé sur le plan comptable. Les comptes 2011 ont viré au rouge vif, des pertes largement imputables à des dépréciations d’actifs comme celle passée pour la société Uramin qui en représente près des deux tiers. Cette mine d’uranium rachetée en 2007, s’est trouvée confrontée à une hausse de ses coûts au moment où le prix de l’uranium baissait fortement. Une affaire qu’Areva a encore du mal à digérer, sans compter les provisions pour l’EPR finlandais.
Mais la révolution du groupe va se faire également sur le plan stratégique. Avant, Areva finançait ses investissements par l’endettement, étant donné qu’elle ne dégageait pas assez de cash-flow. Désormais, fini les investissements hasardeux, le groupe tend à privilégier ceux qui seront les plus rentables et destinés à renforcer les activités dans lesquelles l’entreprise est leader. La direction opère donc un virage à 180 degrés puisque l’accent sera mis sur la recherche de la rentabilité.
Parallèlement à cette quête de profitabilité, le groupe s'est fixé dans le cadre du plan d'actions stratégique 'Action 2016' un programme de cession de 1,2 milliard d'euros de cessions d'ici à 2013. Alors, le désengagement d’Areva dans Eramet était la bienvenue puisque cette opération, d'un montant de 776 millions d'euros, permet de réaliser une part significative de l’objectif que le groupe s’était donné.
Mais trop d’incertitudes qui restent encore à lever, émaillent le parcours boursier d’Areva. DA 20 euros en début d’année, le titre perd donc plus de 50% de sa valeur à ces cours. Il est bien loin où le certificat d’investissement cotait sur les 80 euros en juin 2007. Il faudra attendre que les premiers fruits du plan d’économies soient récoltés pour qu’on ait un peu plus de visibilité sur le titre. A plus long terme cependant, la mue devrait s’opérer sans encombre. A côté du nucléaire, qui bénéficiera d’une forte demande, surtout dans les émergents, Areva à une autre corde à son arc : les énergies renouvelables.