Deux camps opposés

mardi 12 mai
Auteur: Rédaction MeilleurPlacement
Il y a 1 mois - Le 12/05/2020 à 07h56

Ce qui se passe sur la macroéconomie et les marchés en ce moment est particulièrement passionnant. D'un côté des indicateurs macroéconomiques désastreux. De l'autre des indices boursiers qui ont fortement rebondi, surtout aux États-Unis. Et deux camps s'affrontent. Voici leurs arguments.

CEUX QUI ROUSPÈTENT

"Mais c'est dingue ! L'économie s'effondre, on va avoir une deuxième vague, même après la reprise le chômage va rester élevé, les marchés font n'importe quoi ! Ça va s'effondrer ! et vous l'aurez bien cherché..."
Beaucoup de personnalités éminentes dans ce camp.
À commencer par The Economist qui affiche en couverture cette semaine : " A dangerous gap : The market vs the real economy". Inutile de traduire, vous avez compris.
Dès que les indices boursiers baissent de 2%, ils jubilent en annonçant le début de la deuxième vague et la fin du monde.

CEUX QUI APPLAUDISSENT

"Mais c'est normal !
TINA, there is no alternative, avec des taux qui vont rester bas ou négatifs pendant longtemps avec cette crise.
En plus les banques centrales distribuent de l'argent gratuitement, les États font, et vont continuer à faire, de la relance budgétaire et tout va repartir.
Certaines boîtes vont mourir, mais les grandes boîtes vont être encore plus grandes et rafler la mise."
Et beaucoup d'investisseurs souffrent du FOMO, Fear Of Missing Out... ils ne veulent pas rater la hausse.
Dès que les indices remontent de 2%, ils jubilent en annonçant un retour sur les plus hauts niveaux historiques et applaudissent la formidable résilience du capitalisme financier.

VOILÀ EN GROS, EN TRÈS GROS...

...les arguments des deux camps.

NOUS

On est un peu entre les deux.
On a été très, très prudents, avant la coronacrise, pas pour le corona bien sûr, mais parce que les marchés nous paraissaient trop chers.
On a été très haussiers dans la panique. Avec des achats sur le CAC jusqu'à 3800 points.
On a conseillé de solder, une partie des positions, voire tout pour les plus prudents, à 4600 points.
Et là on est flexibles, agiles.
On garde néanmoins un biais haussier parce que nous sommes impressionnés par la réponse massive des banques centrales et des gouvernements...tout en se tenant prêts à réagir si un autre trou d'air se déclenchait.
J'espère que j'ai été clair.

À NOTER...

...une température des marchés qui reste relativement basse par rapport à la fièvre de début de crise.
Un bon 37.7° (29% sur le VIX, indice de la peur sur la Bourse américaine).

UN PEU NASE...

...finalement le Monde d'Après.
Comme me disait un ami, dont je tairais le nom pour ne pas entacher sa réputation qui est encore excellente, "tant qu'ils ne rouvriront pas les bars, ça ne repartira pas".
Au moins on sait à quoi carbure l'économie française.

L'EXERCICE DE STYLE DU JOUR

Florence Parly, ministre des Armées : " Le commandement du Charles de Gaulle a eu une confiance excessive dans la capacité à faire face, mais n'a pas commis de faute".
À retenir en cas de rupture ou de licenciement : "Tu n'as pas commis de faute, mais tu as eu une confiance excessive dans ta capacité à faire face".

SERIAL DEFAULTER

Une fois de plus, pour la neuvième fois, l'Argentine va faire défaut sur sa dette.
Un total de 323 milliards de dollars.
Une dette couverte par les 300 milliards de $ que les Argentins détiennent offshore, mais qu'ils ne veulent pas rapatrier tant leur confiance dans leur système financier et dans leur devise est limitée.
Le gouvernement péroniste n'a aucune intention de payer sa dette.
Rappelons qu'une partie de la dette vient déjà de la renégociation du défaut de paiement de 2001.
Ce qui est surprenant, c'est qu'à chaque fois, l'Argentine fait faillite, et à chaque fois les investisseurs se pressent après pour leur prêter à nouveau de l'argent.
C'est dingue, non ?

ET L'ARGENTINE NE SERA PAS LA SEULE

L'agence de notation Moody's avertit que beaucoup d'entreprises de pays émergents vont faire défaut. Du fait de la coronacrise qui a entraîné un effondrement de la profitabilité et de la liquidité. En première ligne les secteurs de la distribution et du pétrole.

LA MAUVAISE NOUVELLE DU JOUR

Il y a de nouveaux cas de coronavirus à Wuhan et en Corée du Sud.

LE COMBAT DU JOUR

De la semaine, du mois, de l'année :
Chine VS États-Unis.
C'est reparti donc.
Trump accuse la Chine d'avoir menti sur le coronavirus.
La Chine menace de faire sauter l'accord commercial.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Malgré la réouverture graduelle des économies, les principaux indices boursiers ont terminé en ordre dispersé hier. Le CAC 40 a lâché plus de 1 %, le Dow Jones a terminé à l’équilibre et le Nasdaq, quant à lui, a progressé de presque 1 %. Face à une éventuelle nouvelle vague de contamination, les investisseurs sont restés extrêmement prudents.
Ce matin, à Tokyo, le Nikkei a fini sans direction et le CAC 40 est attendu cette matinée sur une note stable. A noter que cette séance sera marquée par de multiples publications de résultats d'entreprises européennes.
Le Brent se négocie à 29.73 $ le baril contre 30.43 $ hier à la même heure. L'once d'Or est à 1 699 contre 1 704 $ précédemment et la parité euro/dollar est à 1.081 contre 1.084 hier dans la matinée.

ON S'EN FOUT ?

Les ventes de tequila aux États-Unis ont flambé de 60% pendant le confinement; Selon les Échos, pas plus de 25% des salariés du quartier de la Défense seront revenus travailler en juin; C'est pour cela que j'aime bien lire le Parisien/Aujourd'hui : pendant que les autres se posent de grandes questions sur le confinement, eux expliquent comment régler le problème de la buée sur les lunettes quand on porte un masque; Elon Musk est très remonté contre le confinement et son prolongement qu'il juge "fasciste", il veut rouvrir tout de même l'usine de Tesla en Californie, quitte à aller en prison; VGE va tourner une pub pour le Viagra; Un chat a été testé positif au coronavirus; Le patronat européen a lancé une tribune, encore une, pour demander un plan de relance budgétaire européen ambitieux; Trump tweete tous les quarts d'heure "OBAMAGATE !" depuis qu'Obama l'a critiqué, aux États-Unis un président sortant ne s'exprime jamais sur le président en poste.

VOILÀ C'EST TOUT
BONNE JOURNÉE

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