Faillite des fleurons français : Un scénario réaliste ?

vendredi 23 novembre
Auteur: Rédaction Monfinancier
Il y a 8 ans - Le 23/11/2012 à 12h11

Malgré la crise, un scénario de faillite d'entreprises françaises reste inimaginable pour de nombreux analystes. Cependant, certains groupes éprouvent actuellement de grandes difficultés et les chiffres montrent que s'ils ne remontent pas la barre, le scénario de faillite risque de devenir de plus en plus réaliste…

La trésorerie et les actifs circulants
La faillite d'une société intervient lorsque celle-ci n'arrive pas à rembourser ses créanciers. Il faut donc qu'elle ait en actifs suffisamment de liquidités pour faire face à ses prochaines échéances. Une société a beau être en bonne santé avec un ratio d'endettement correct, et générer des bénéfices annuels, elle peut se retrouver en difficultés si sa trésorerie est insuffisante à court terme. Pour cela il faut regarder la trésorerie mais aussi les actifs courants, c'est-à-dire les actifs pouvant être liquidés rapidement pour répondre à un besoin de trésorerie : Créances clients, stocks, placements…. Une entreprise en difficultés à court terme aura une dette courante (dette financière à court terme et dettes fournisseurs) supérieur aux actifs circulants (trésorerie et actifs courants). Aujourd'hui, aucune grande entreprise française ne semble éprouver ce type de problèmes. Des sociétés comme Alcatel-Lucent ou Technicolor ont largement de quoi faire face à leurs prochaines échéances. Seul Peugeot a récemment connu quelques difficultés, mais la vente de GEFCO et une entrée au capital de General Motors a permis d'augmenter largement sa trésorerie à court terme.

Dette long terme et cash flow
Mais le principal souci de ces sociétés est la dette à long terme. Pages Jaunes, par exemple, semble incapable de rembourser sa dette à long terme (son actif net est négatif). Heureusement, la société a réussi à négocier un rééchelonnement de sa dette à long terme. Si elle a réussi cette négociation, c'est que Pages Jaunes génère un flux de trésorerie positif. Les créanciers sont donc confiants sur la capacité de la société à pouvoir un jour rembourser la dette. Même si la situation est loin d'être réglée, la décision donne du temps à Pages Jaunes et rejette donc un scénario de faillite à moyen terme.
La situation peut paraitre par contre plus difficile pour des boites qui brulent du cash. En effet, si Alcatel-Lucent, Technicolor, Veolia Environnement et Peugeot semblent, aux vues de leur bilan, en mesure de rembourser leur dette à long terme, leur situation pourrait changer. En effet, une société a besoin de générer du cash pour rembourser ses échéances. Une boite comme Alcatel a consommé pour 360 millions d'euros de trésorerie au cours du dernier trimestre écoulé. A ce rythme, la trésorerie va rapidement s'épuiser et Alcatel se retrouverait en situation de faillite en Avril 2014, date à laquelle il devra rembourser un emprunt de 462 millions d'euros.

Bénéfices et résultats opérationnels
Pour améliorer sa trésorerie à court moyen terme, une entreprise peut céder des actifs, réaliser une augmentation de capital, diminuer son dividende ou encore rééchelonner sa dette. Mais ces techniques offrent des solutions à court terme et ne peuvent être utilisées indéfiniment. A long terme, ce sont les bénéfices qui permettent à la société de générer du cash. Pour retrouver le bénéfice, certaines sociétés doivent simplement s'attaquer à la structure de leur dette. C'est le cas de Veolia Environnement dont le coût de la dette a représenté 75% du résultat opérationnel 2011. Ainsi, tant que la société réalise un résultat opérationnel, elle peut espérer retrouver rapidement les bénéfices, ou, si le poids de la dette devient insurmontable, trouver en dernier recours un acquéreur qui lui permettrait d'éviter la faillite. Pour des sociétés comme Alcatel, Peugeot, ou Technicolor, le chantier le plus urgent n'est donc pas la dette, mais la rentabilité opérationnelle.
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