FDJ : Acheter ? L’avis complet de MF

mercredi 13 novembre
Auteur: Rédaction MeilleurPlacement
Il y a 3 mois - Le 13/11/2019 à 13h11

Selon Les Échos, moins d'une semaine après l'ouverture de la période de souscription, plus de 80% de l'enveloppe réservée aux particuliers pour cette introduction en bourse a été souscrite. Il devient donc urgent de se positionner. Après avoir fait un bref rappel sur comment concrètement acheter des actions FDJ, nous estimerons le probable dividende versé aux actionnaires, et enfin, nous donnerons notre avis sur cette fameuse introduction.

Avant toute chose, vous devez impérativement détenir un compte-titres ou un Plan d'épargne en actions (PEA) pour être habilité à passer un ordre d'achat. Si vous n’avez pas, au moins, un de ses comptes-titres, vous ne pourrez pas stocker vos actions. A noter que le PEA dispose d'une fiscalité plus avantageuse : sans imposition au bout de cinq ans (sauf prélèvements sociaux de 17.20 %). Ensuite, vous devrez passer un ordre d’achat auprès de votre interlocuteur bancaire. Attention, vous n’avez que jusqu'au mardi 19 novembre 2019 à 20 heures pour vous manifester. Et dans certains cas, cet horaire peut être modifié. Par exemple, les ordres par téléphone ne seront pris en compte que jusqu’à 19 heures. Concrètement, la souscription des particuliers pourra s’effectuer avec deux types d’ordre. Les ordres A, dits prioritaires (pour un montant pouvant aller jusqu’à 5 000 €). Cela signifie que jusqu’à 5 000 euros, l’investisseur personne physique a l’assurance d’être intégralement servi en actions FDJ (au-delà de 5 000 euros, les ordres ne sont plus prioritaires). Les actions achetées dans ce cadre pourront donner droit à l’attribution gratuite au bout de 18 mois. Les ordres B, non prioritaires, n’y donneront pas droit. Ces deux catégories d’ordres bénéficient de la décote de 2%. A noter qu’en cas de souscription supérieure à 5 000 €, il est possible de ne pas être servie dans tous les cas. La souscription se fera en montant avec un minimum de 200 € puis par tranche de 100 €. La fixation du prix définitif est prévue le 20 novembre et les premières négociations interviendront le 21 novembre. Mais, est-ce une bonne idée ?

Stéphane Pallez, PDG de la Française des Jeux, avait affirmé, auprès de RTL au mois d'octobre, que « la FDJ est une entreprise dans un modèle de croissance régulière (…). On n'est pas une valeur spéculative ». Elle défendait donc l’idée que la FDJ est une valeur de rendement, une valeur de fond de portefeuille. D’un point de vue comptable, le chiffre d’affaires de la FDJ est en hausse systématique depuis 2015. Dans le détail, le chiffre d’affaires est passé de 1.65 milliards € en 2015 à 1.80 milliards € en 2018, soit une hausse de 8.69 % en 3 années (+2.90 % / an en moyenne). A noter en complément, que les Français sont de plus en plus joueurs, leurs mises totales au sein des jeux de la FDJ a connu une croissance de 15,47 % sur les quatre dernières années. Cependant, entre 2017 et 2018, la société a publié un bénéfice en baisse de 5.7 % (s'expliquant principalement par la chute du résultat financier, liée en partie à la dévalorisation du portefeuille de placements, dans le sillage de la tourmente boursière fin 2018). Selon son document d'enregistrement auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF), la FDJ a « pour objectif de distribuer des dividendes représentant 80% de son résultat net consolidé sur la période 2020-2025 ». Si elle avait versé, aujourd’hui, 80% de son bénéfice, son dividende aurait atteint 71 centimes de dividende par action, soit un rendement de 3,56 %, dans notre hypothèse d’une première cotation à 19.90 €. A noter que ce rendement correspond plus ou moins au rendement moyen des actions du CAC 40.
Cependant, et c’est très important, la deuxième loterie européenne et quatrième mondiale, va devoir s'acquitter de 380 millions € avant juin 2020 auprès de l'Etat, afin de conserver son monopole. L'entreprise devra sûrement emprunter, une décision qui pèsera sur son résultat net, et donc in fine, sur le titre en Bourse. L’idée est donc d’amortir les 380 millions € sur une longue période, via un emprunt, pour lisser son impact dans le temps.
Plus fondamentalement, dans le document d'enregistrement, long de 382 pages et approuvé par l'Autorité des marchés financiers (AMF), la Française des Jeux estime qu'une évolution du cadre réglementaire pourrait lui nuire en faisant « peser des contraintes sur sa stratégie de croissance » ou « affecter sa capacité à recruter de nouveaux joueurs ».

La question qui apparaît alors légitime maintenant de se poser est la suivante : une société rentable, historique et en monopole, peut-elle se dévaloriser en bourse ? Connaissez-vous IGT ? IGT (International Game Technology) est une entreprise multinationale de loterie et de technologies liées aux jeux, principalement aux Etats-Unis, dont le siège se trouve à Rome. Elle est par exemple propriétaire de la loterie nationale italienne, Lottomatica. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 4,8 milliards $ en 2018 (plus de deux fois supérieur à la FDJ) et un excédent brut d’exploitation plus de quatre fois supérieur. Pourtant, après avoir perdu plus de 50 % en bourse en 2 ans, son rendement du dividende est de 6.10 % et son PER 2019 de 11.82 (contre 20.20 pour la FDJ). Elle a donc le mérite de mettre deux points en avant : l’investissement boursier a toujours une part de risque et un rendement de 6 % du dividende peut-être intéressant pour un opérateur exploitant une loterie nationale.

En conclusion, nous ne nous positionnerons pas sur cette introduction en bourse ( Code Isin: FR0013451333). Nous attendrons quelques mois le temps que la volatilité se tasse, mais en cas de franchissement d’un prix de 12 €, nous reverrons potentiellement le dossier.

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