Quand performances financières et Femmes font bon ménage

mardi 04 septembre
Auteur: Rédaction Monfinancier
Il y a 7 ans - Le 04/09/2012 à 15h09

Messieurs, prenez-en de la graine. Les grandes multinationales ont tout intérêt à ouvrir leurs instances dirigeantes aux femmes

Selon une étude de Crédit Suisse menée durant six années au près de 2630 entreprises durant, la diversité hommes-femmes paie, à tous les niveaux. D'un point de vue financier, l'étude à démontré que les entreprises qui comportent des femmes au conseil d'administration ont de meilleures performances financières que leurs homologues avec un conseil d'administration 100% masculin.

Selon la banque, non seulement les entreprises comptant au moins une femme au sein de leur conseil ont affiché des performances financières supérieures à celles où les conseils ne comptent que des hommes mais le parcours boursier des actions surperforme aussi celui dont le conseil d'administration est composé exclusivement d'Hommes.
« Depuis 2005, les bénéfices des entreprises féminisées ont augmenté de 14% par an en moyenne, contre 10% pour les entreprises sans administrateur féminin » souligne l'étude. Parallèlement, la gestion des CA comportant des femmes en leur sein est plus conservatrice, surtout vis-à-vis de l'endettement ce qui rend l'entreprise plus résistante en période de vaches maigres.
Credit Suisse met notamment en évidence un meilleur rendement des fonds propres, à 16% contre 12% sur les six dernières années, un ratio d'endettement sur capitaux propres moins important (48% contre 50%) et une croissance des résultats de 14% contre 10% pour les entreprises à administration mixte par rapport à celles administrées exclusivement par des hommes.

Au-delà des chiffres, Colette Lewiner, première femme nommée à une direction d'EDF (EDF.FR) à la fin des années 1980 et actuellement administratrice de Bouygues (EN.FR), Colas (RE.FR), Lafarge (LG.FR), Nexans (NEX.FR) et Eurotunnel (GET.FR) souligne qu'en recrutant des femmes pour leurs conseils, les entreprises se donnent accès à un nouveau pool de compétences. Les femmes sont selon elle "plus attentives aux questions 'soft' telles que la communication ou les ressources humaines" et apportent un point de vue différent "qui ne peut qu'éclairer le dirigeant".

D'ailleurs "les conseils cherchent des femmes", notamment quand le mandat de l'un des membres prend fin, assure Colette Lewiner, qui relève que la loi Zimmermann-Copé explique en grande partie ce mouvement. Cette loi qui date du 27 janvier 2011, fixe d'ici à 2017, l'objectif d'une proportion de 40% de femmes dans les conseils d'administration ou de surveillance des sociétés cotées et prévoit des sanctions drastiques pour celles qui enfreignent la règle. Outre l'annulation des nominations allant à l'encontre de la "représentation équilibrée des femmes et des hommes", une suspension pure et simple de la rémunération des membres du conseil est prévue jusqu'à régularisation de la situation.

Alors que selon une étude de l'observatoire Ethics And Boards, la proportion de femmes dans les conseils des sociétés cotées au SBF 120 était de 17,4% en octobre 2011, cette part est passée à 20,5% au 30 juin 2012. Sur les 120 sociétés du SBF 120, 71 sociétés ont atteint l'objectif intermédiaire de 20% de femmes à cette date.

A la course à la féminisation, c'est Publicis (PUB.FR) qui se détache, en étant l'unique entreprise du SBF 120 à compter exactement autant d'administrateurs que d'administratrices. Deuxièmes ex-aequo, Alten (ATE.FR) et Icade (ICAD.FR) sont les seules à atteindre aujourd'hui la barre des 40%.

En queue de peloton, EADS (EAD.FR), Derichebourg (DBG.FR) et Ubisoft (UBI.FR) n'accueillaient au 30 juin aucune femme à leur conseil, toujours selon Ethics And Boards, même si les choses évoluent peu à peu. Ubisoft va proposer le 24 septembre la nomination d'Estelle Métayer à son conseil d'administration. Plus récemment c'est Danielle Ricard qui a pris les rênes de l'entreprise familiale Pernod Ricard, remplaçant son frère Patrick disparu il y a quelques semaines.

La parité Hommes-Femmes jusqu'aux plus hautes instances de décisions est donc un long chemin semé d'embuches. Que ce soit de manière contraignante ou à l'issue d'un processus de sélection naturelle, une chose est sure: les grands groupes du CAC ont tout intérêt à féminiser leur conseil, pas pour des considérations éthiques, mais tout simplement parce que les fleurons du CAC sont gérés de manière plus efficiente.
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