Bonjour Guillaume,
Equinor est un grand groupe énergétique norvégien (majoritairement détenu par l’État), très exposé au pétrole et surtout au gaz naturel, dont il est devenu l’un des fournisseurs clés de l’Europe depuis la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.
Si l’on prend comme repère le 7 mars 2024, date à laquelle nous avons recommandé l’achat de l’action, le cours est passé d’environ 25,80$ ce jour-là à autour de 24,50$ mi-janvier 2026, soit une baisse d’environ 5% sur le prix seul. Ce qui a surtout fait la différence sur la période, ce sont les dividendes, car Equinor a longtemps sur-distribué grâce à des flux de trésorerie élevés. En 2024, le groupe a versé un dividende total de 0,70$ par action sur plusieurs trimestres (0,35$ “ordinaire” + 0,35$ “extraordinaire”), et ce schéma a couvert notamment le dividende du 4e trimestre 2023 payé fin mai 2024 puis les 1er, 2e et 3e trimestres 2024 (payés ensuite au fil des mois).
À partir des résultats de 2024, Equinor est revenu à un dividende plus “normalisé” de 0,37$ par action (sans partie extraordinaire) et a continué sur ce niveau en 2025. Au total, en additionnant les versements intervenus après le 7 mars 2024 et jusqu’à fin 2025, on arrive à un ordre de grandeur proche de 3,9$ par action en dividendes bruts, ce qui pèse lourdement face à un cours autour de 25$. En combinant ce revenu régulier et la baisse du cours, le rendement total sur la période ressort au-dessus de +10%.
Pour les perspectives, le point central est que l’action Equinor reste d’abord une valeur liée aux matières premières : ses résultats et sa capacité à distribuer des dividendes dépendent surtout des prix du pétrole et du gaz. Le groupe met en avant un objectif de croissance de la production de pétrole et de gaz (par exemple +4% visé pour 2025), avec des investissements autour de 13 milliards de dollars, et une politique active de retour aux actionnaires.
Pour 2025, Equinor a communiqué une enveloppe de distribution pouvant aller jusqu’à 9 milliards de dollars, dont des rachats d’actions, en plus du dividende trimestriel. Concrètement, cela peut soutenir le cours (moins d’actions en circulation) même si les prix de l’énergie sont moins porteurs qu’en 2022-2023.
Côté stratégie, Equinor a aussi ajusté son discours sur la transition énergétique : l’entreprise a annoncé réduire l’effort d’investissement dans les énergies renouvelables et remonter ses ambitions de production fossile, dans une logique de rentabilité et de discipline financière. C’est un élément plutôt favorable à court terme pour l’action (car le marché paie souvent mieux la génération de cash et les retours aux actionnaires), mais cela expose davantage aux cycles du pétrole / gaz et aux risques politiques et réglementaires. Par exemple, les projets d’éolien offshore peuvent subir des à-coups administratifs, avec parfois des impacts comptables.
En résumé, depuis le 7 mars 2024, le bilan boursier d’Equinor est surtout celui d’une action à dividendes : le cours a légèrement baissé, mais la performance globale vient largement des distributions de dividendes. Pour la suite, le potentiel dépendra moins d’un storytelling que d’un triptyque très simple pour le grand public : niveau des prix du pétrole et du gaz, exécution industrielle (production et coûts), et maintien d’une politique généreuse de retour aux actionnaires.
Nous vous souhaitons une excellente année 2026.