Bonjour Pierre,
Lorsqu’un conflit s’intensifie, les marchés financiers réagissent souvent par une “fuite vers la sécurité”. Les investisseurs réduisent les actifs jugés risqués, comme une partie des actions, et privilégient ce qui a tendance à mieux résister quand l’incertitude augmente. Ce réflexe peut être marqué au début d’une crise, puis s’atténuer rapidement si la situation se stabilise.
Les valeurs de refuge les plus classiques sont l’or, certaines grandes obligations d’État et quelques devises considérées comme solides. Dans les faits, l’or a souvent tendance à monter dans ces phases, car il est perçu comme une réserve de valeur quand le climat devient anxiogène. Les obligations d’État de pays jugés sûrs (par exemple les bons du Trésor américain, ou, en Europe, des obligations de référence comme le Bund allemand) peuvent également être recherchées, car elles sont vues comme plus “défensives”. Côté devises, le dollar, le franc suisse et le yen sont fréquemment recherchés en période de stress, même si leurs mouvements peuvent varier selon le contexte et la politique des banques centrales.
Pour le pétrole et le gaz, l’impact le plus probable à court terme est une hausse, car le Moyen-Orient concentre une part majeure de l’offre mondiale et des routes maritimes cruciales. La zone du détroit d’Ormuz est particulièrement sensible : elle voit transiter environ 20% de la consommation mondiale de pétrole et une part importante du commerce de gaz naturel liquéfié. Dès que le marché craint des attaques, une baisse de production, ou des difficultés d’acheminement, une “prime de risque” se rajoute aux prix, ce qui peut faire grimper rapidement les cours.
Concrètement, les premières réactions observées ces dernières heures vont dans ce sens : le Brent a bondi de 12% (avec un pic au-delà de 82$ avant de se replier), tandis que le gaz européen a connu une envolée très marquée, sur fond de perturbations et de craintes sur l’approvisionnement. Si le conflit devait durer ou s’étendre, notamment via des dommages sur des infrastructures énergétiques ou un blocage durable des flux dans la région, un scénario vers 100 dollars le baril deviendrait crédible. À l’inverse, une désescalade rapide ferait retomber une partie de cette prime de risque et pourrait ramener pétrole et gaz vers des niveaux inférieurs aux actuels, même si la volatilité resterait élevée.
Ce lundi 2 mars, la Bourse de Paris recule nettement de 2,25% au moment où nous vous répondons, car les investisseurs s’inquiètent de l’escalade du conflit. Cette situation augmente l’incertitude et pousse beaucoup d’actions du CAC 40 à baisser.
La principale conséquence immédiate vient de la flambée (temporaire ?) du pétrole. Cette hausse profite aux grands groupes pétroliers, comme TotalEnergies (+3,5%), dont les résultats sont favorisés quand le baril monte.
À l’inverse, les compagnies aériennes sont pénalisées (Air France : -8%), car un carburant plus cher alourdit fortement leurs coûts, même si elles se couvrent partiellement contre ces variations. Les investisseurs anticipent aussi des perturbations de vols dans la région, ce qui ajoute un risque supplémentaire pour le secteur.
Les valeurs de défense, elles, progressent généralement dans ce type de contexte : la montée des tensions géopolitiques renforce les attentes de hausse des dépenses militaires, ce qui soutient des entreprises comme Thales (+1,5%) ou Dassault Aviation (+1%).
Enfin, Accor plonge de 9%, plus que les autres groupes hôteliers, car il est particulièrement exposé au Moyen-Orient : si la région est perçue comme moins sûre pour le tourisme, cela peut peser directement sur son activité et sur la confiance des marchés.
Enfin Pierre, nous vous invitons à lire notre
Morning Zapping du jour, en complément à cette réponse.
Si vous le souhaitez, nous pouvons vous indiquer des solutions d'investissement adaptée à cette période agitée.
N'hésitez pas à nous écrire si vous avez la moindre question.
Bonne journée