Vendredi 17 juillet

Le chiffre rappelle de mauvais souvenirs.
Le taux auquel la France emprunte sur trente ans a dépassé 4,7% hier, son plus haut niveau depuis octobre 2008, quelques semaines après la faillite de Lehman Brothers.
La comparaison est spectaculaire, mais elle ne signifie pas forcément qu’une nouvelle crise financière se prépare.
Elle révèle surtout un changement d’époque : l’argent magique a disparu.

Par Dorian Abadie
Responsable Bourse
Meilleurtaux Placement

LA FRANCE EN PREMIÈRE LIGNE

Les taux remontent dans toute l’Europe, sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient et de la flambée du pétrole.
Une énergie plus chère menace de relancer l’inflation et pourrait contraindre la Banque centrale européenne à maintenir ses taux élevés plus longtemps.
Mais la dette de la France souffre davantage que celle de ses voisins.
À juste titre car les investisseurs ne sanctionnent pas seulement le contexte mondial, ils s’inquiètent aussi de la gabegie française et de l’incapacité à réformer le pays.

PRIME DE RISQUE

L’écart entre les taux français et allemands à dix ans avoisine désormais 80 points de base, contre moins de 50 avant la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024.
C’est un seuil critique pour les marchés.
Autrement dit, les investisseurs réclament environ 0,8 point de rendement supplémentaire pour prêter sur 10 ans à Paris plutôt qu’à Berlin.
Le marché ne doute pas encore de la capacité de la France à rembourser, mais de sa capacité à reprendre le contrôle de ses comptes.

LA DETTE ACCÉLÈRE

La photographie des finances publiques est difficile à embellir.
La dette française a augmenté de près de 76 milliards d’euros au premier trimestre pour atteindre 3 536 milliards, soit 117,5 % du PIB.
Contre 115,7% il y a trois mois seulement…
Dans le même temps, les intérêts devraient bondir de 64,8 milliards d’euros en 2026 à 74,2 milliards en 2027.
Davantage d’argent consacré à la dette, donc moins de marges de manœuvre pour la défense, les services publics et les investissements.

310 MILLIARDS EN 2026

La hausse du taux à trente ans ne signifie pas que toute la dette française sera bientôt rémunérée à 4,7%.
La transmission est progressive, au rythme des nouveaux emprunts et du refinancement des titres arrivant à échéance.
La dette négociable de l’État a une durée de vie moyenne d’environ huit ans et demi, ce qui amortit le choc. Mais la France prévoit tout de même d’émettre 310 milliards d’euros de dette à moyen et long terme en 2026 !
Et plus les taux restent élevés, plus la facture monte.
Les ménages, les entreprises et les banques risquent aussi de se financer plus cher, ce qui peut peser sur l’immobilier, l’investissement, la croissance et les actions les plus chèrement valorisées.

LE COMPTE À REBOURS

La France conserve un accès encore normal aux marchés pour se financer, mais elle ne bénéficie plus du crédit quasi-illimité de l’ère des taux bas.
À l’approche de l’élection présidentielle, réduire fortement les déficits paraît politiquement explosif.
Pourtant, plus les décisions sont repoussées, plus les intérêts augmentent et plus les choix futurs deviennent douloureux.
Les marchés ne demandent pas un miracle. Ils attendent une trajectoire crédible et un peu de courage politique…

À PART ÇA ? QUOI DE NEUF ?

LE PÉTROLE PRIS EN ÉTAU ?

Les médias en parlent assez peu mais c’est un risque important pour les marchés.
En cas de nouvelle escalade, Téhéran pourrait s’appuyer sur les Houthis au Yémen pour fermer le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé vers la mer Rouge.
Ormuz verrouille les exportations maritimes saoudiennes à l’est. Bab el-Mandeb pourrait les verrouiller à l’ouest.
C’est l’autre carte maîtresse de l’Iran pour paralyser une grande partie des exportations d’or noir dans la région.
Et pour cause, l’Arabie saoudite fait désormais passer 70% de ses exportations énergétiques par la mer Rouge.
En menaçant simultanément Bab el-Mandeb et les installations saoudiennes, Téhéran cherche à augmenter le coût économique d’une intervention américaine et à transformer la mer Rouge en nouveau front de la crise énergétique mondiale.
À suivre de près !

BRUXELLES DÉFIE GOOGLE

La Commission européenne impose à Google d’ouvrir davantage son écosystème à la concurrence.
D’ici 2027, le géant américain devra partager certaines données de Google Search avec des moteurs de recherche concurrents.
Android devra aussi permettre aux assistants d’intelligence artificielle tiers d’accéder à des fonctions clés, comme la commande vocale ou les réservations, afin de rivaliser avec Gemini.
Ces mesures interviennent après deux lourdes sanctions de l’UE : 2,95 milliards d’euros pour abus de position dominante dans la publicité en ligne et 4,1 milliards d’euros pour avoir favorisé Google Search sur Android.
Pas sûr que Trump apprécie.

BERCY SOUS TENSION

La Commission de régulation de l’énergie propose d’augmenter de 2,5% en moyenne les tarifs réglementés de l’électricité au 1er août.
Pour un foyer moyen, la facture annuelle grimperait de 26€, passant de 1 046 à 1 072€. Près de 20 millions de clients résidentiels seraient concernés.
En cause, la hausse du coût d’utilisation des réseaux électriques.
Cette proposition intervient quelques mois seulement après la réforme du marché de l’électricité et la fin du mécanisme qui plafonnait le prix du nucléaire d’EDF.
Elle contraste surtout avec la promesse de Bercy de maintenir des factures stables en 2026 et 2027.
Le dernier mot revient désormais au gouvernement.

DU CÔTÉ DES PLACEMENTS

Par Olivia Boulay, chargée de contenu patrimonial, Meilleurtaux Placement.
"Les SCPI européennes offrent un avantage fiscal trop souvent méconnu. Grâce aux conventions fiscales bilatérales signées par la France avec ses partenaires européens, les revenus fonciers de source étrangère bénéficient d'une exonération d’impôt en France ou d'un crédit d'impôt selon les pays et surtout, ils échappent aux prélèvements sociaux français de 17,2 % (jurisprudence de Ruyter). Pour un contribuable fortement imposé, l'écart de rendement net par rapport à une SCPI 100 % française peut représenter plusieurs milliers d'euros par an.
Parmi les SCPI 100 % européennes que nous proposons, Épargne Pierre Europe et Transitions Europe ont affiché des taux de distribution en 2025 de respectivement +6,75 % et +7,60 %."
>> Je découvre la SCPI Épargne Pierre Europe
>> Je découvre la SCPI Transitions Europe
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Investir en SCPI présente un risque de liquidité et de perte en capital.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

"Les tensions restent assez fortes sur les marchés. Après -2% la semaine dernière, le CAC 40 évolue à l’équilibre depuis lundi ; il cède 0,41% ce matin à 8 344 points. La baisse des valeurs technologiques a pesé sur Wall Street ces derniers jours et provoqué un nouveau plongeon de 4% à Tokyo et de plus de 6% à Séoul cette nuit (respectivement -6,4% et -8,8% sur la semaine). Des prises de bénéfices sont à l’oeuvre et les entreprises d’IA n’auront pas le droit à l’erreur lors de la publication de leurs résultats trimestriels dans les prochains jours.
Les investisseurs redoutent en parallèle l’escalade entre les États-Unis et l’Iran, après de nouvelles frappes américaines et des attaques iraniennes contre des installations militaires dans le Golfe."

ON S'EN FOUT ?

Vingt-neuf pays vont rejoindre une organisation de coopération sur l’intelligence artificielle pilotée par Pékin, qui compte bien écrire les règles du jeu, autant que les algorithmes ; Les bénéfices des grandes entreprises européennes devraient bondir de 15,3% au deuxième trimestre ; Paris et Rabat veulent accélérer leur coopération dans le nucléaire civil, la défense et l’électricité, après plusieurs années de relations beaucoup moins lumineuses ; Le limogeage du ministre ukrainien de la Défense provoque des manifestations et une crise politique à Kiev ; Délits d’initiés en accéléré ? Truth Social va vendre aux banques un accès ultrarapide aux publications de Trump ; Trump toujours : il se dit prêt à contester les résultats des élections de mi-mandat en novembre, manipulées selon lui par la Chine ; Didier Deschamps disputera son dernier match avec les Bleus lors de la petite finale du Mondial, demain ; Un mystérieux acheteur a déboursé 50 millions de dollars pour « Gus », un squelette de tyrannosaure ; Je vous souhaite un excellent week-end !

A découvrir également

  • visuel-morning
    Krach boursier : Nos solutions en cas de grave crise
    12/06/2026
  • visuel-morning
    Le secteur de la semaine : L'énergie française
    10/07/2026
  • visuel-morning
    Divorce, mariage, décès… N'oubliez pas de le déclarer aux impôts !
    24/04/2025
  • visuel-morning
    Reprise du marché immobilier : est-ce le bon moment pour investir ?
    04/04/2025
Nos placements
PER Plus de retraite et moins d'impôts avec nos PER sans frais d'entrée
Assurance vie Découvrez nos contrats sans frais d'entrée
SCPI Accédez à l'immobilier professionnel dès 500 €
Defiscalisation Investissez dans l'économie réelle en réduisant votre impôt