Après les pigeons, les moineaux, voici les poussins. Ces derniers ont peur d’être plumés par le gouvernement. Alors, leur grogne monte sur le web pour protester contre le projet actuel du gouvernement de réformer le statut d'auto-entrepreneur.
Création d'un hashtag #pioupiou, d'un compte Facebook, d'un spot audio en MP3 et surtout d'une pétition en ligne, le "collectif composé d'auto-entrepreneurs et de citoyens, apolitiques, transpartisans et indépendants de tout syndicat" veut faire entendre sa voix.
En avril dernier, Sylvia Pinel, ministre chargée de l'Artisanat avait indiqué plancher sur une nouvelle mouture de ce régime, sous la pression des artisans-commerçants, qui dénoncent une concurrence déloyale.
Adopté par près de 900 000 français, le statut d’auto entrepreneur devrait être encadré avec la mise en place d’un un système à deux vitesses. Ce dernier distinguera les personnes qui vivent exclusivement de l'autoentrepreneuriat de ceux qui en retirent un revenu complémentaire (retraités, salariés ou étudiants).
Pour les premiers, un statut qui concerne de 55 à 60 % des autoentreprises, selon le ministère, le régime serait limité dans le temps. Sylvia Pinel avait évoqué une fourchette de « un à cinq ans » avant que Matignon ne précise quelques jours plus tard que la limitation serait « plutôt de deux à trois ans ». Avec cette mesure, la ministre souhaite favoriser le passage des autoentreprises dans le régime classique, grâce à la mise en place de mesures d'accompagnement. « Ce régime doit être un tremplin pour en faire des entreprises pérennes qui créent des emplois », a expliqué Sylvia Pinel. Quant au cas de l'auto-entreprenariat comme activité secondaire, la ministre signale qu’elle envisage de baisser le plafond de chiffre d'affaires. À 10.000 euros (contre 32.600) dans les services, et 27.000 (contre 81.500) chez les commerçants, a-t-elle indiqué au quotidien ‘Les Echos’daté de ce vendredi.
Mais les poussins ne l’entendent pas de cette oreille, estimant cette mesure prévue pour la rentrée va faire plonger la création d'entreprises Actuellement, sur les 895.000 autoentreprises existantes, la moitié environ ne dégagent pas de chiffre d'affaires, pour les autres, il plafonne à un moins d'un SMIC.