Les cotisations sociales prélevées sur votre salaire sont en quelques sortes des primes d’assurance qui vont vous couvrir contre certains risques : Assurance chômage, Assurance maladie, Assurance vieillesse…. En France, les niveaux des cotisations (et donc des assurances), sont très élevés. Mais ces niveaux varient beaucoup d’un pays à l’autre…
Expatrié ou détaché ?
Si vous partez vivre à l’étranger, le régime de protection sociale auquel vous serez soumis différera que vous êtes expatrié ou détaché. Le détachement correspond à la situation où un salarié employé par une entreprise française est envoyé à l'étranger par l’entreprise pour une durée limitée. Il demeure alors soumis au régime de sécurité sociale français, et verse donc obligatoirement une cotisation en France. Le salarié sera considéré comme expatrié dans les autres cas, ou s’il était au départ détaché mais sa mission va au-delà de la limite autorisé (qui dépend du pays de détachement).
Les salariés expatriés dépendent du régime du pays d’expatriation auquel ils doivent donc cotiser. Un salarié expatrié peut néanmoins décider d’adhérer à titre volontaire à la Caisse des Français de l’Etranger (CFE), correspondant à la caisse de sécurité sociale pour les expatriés français. Le salarié expatrié adhérent à la CFE peut faire le choix de s'assurer contre un ou plusieurs de ces risques (Maladie, vieillesse, chômage) en fonction de sa situation familiale, des particularités locales et aussi de ses possibilités financières. Il versera alors une cotisation en France, en plus de la cotisation à son pays d’expatriation.
France : Une protection couteuse
La France est connue comme l’un des pays offrant la meilleure protection sociale aux salariés résidents, ou du moins la plus complète sur les trois branches : Assurance Maladie (dont Maternité et Incapacité), Chômage et Retraite. Les français bénéficient par exemple du meilleur remboursement des frais médicaux. Par contre, cette assurance française se paye très cher : 20.90% environ sur les salaires.
De plus, (plus 15.5% sur le patrimoine, voir encadré), la France est le seul pays développé à avoir créé des cotisations sociales qui ne correspondent pas à une branche de protection (maladie, vieillesse, chômage). Il s’agit des « prélèvements sociaux » qui correspondent à la CRDS (0.5%) créée en 1996 dans le but de résorber l’endettement de la sécurité sociale, et la CSG (7.5%) créée en 1997 afin de diversifier le financement de la protection sociale. Il s’agit donc d’un prélèvement de 8 % qui s’applique sur les revenus du travail… mais aussi sur le revenu du patrimoine. La France est donc le seul pays développé à prendre des cotisations sociales sur le patrimoine… Pire, depuis 1998, les gouvernements ont créé des nouveaux prélèvements sociaux (financement des retraites, RSA,…) et appliqué des augmentations qui ne concernent que les revenus du patrimoine. Aujourd’hui, ces revenus subissent donc un « impôt social » de 15.5%, en plus de l’impôt sur le revenu…
Quelle protection sociale à l’étranger ?
Seule l’Allemagne prélève autant que la France sur les salaires (20.47%), mais pour une protection légèrement inférieure.
Dans les autres pays, les prélèvements sociaux sont assez faibles. Ils sont par exemple de 6.35% en Espagne, 7.65% aux Etats-Unis ou 13.07% en Belgique. Bien sûr, ce moindre coût se fait avec une protection plus faible.
Dans les pays hors zone euro (US, RU, Canada, Suisse), où les prélèvements sociaux ne dépassent pas les 8%, les soins sont globalement peu remboursés et les assurances chômage et vieillesse sont plus faibles qu’en France. Il est nécessaire de contracter en plus des assurances privées assez couteuses pour obtenir une protection similaire à celle de l’Hexagone.
Par contre, en zone euro, les pays offrent généralement une protection très correcte pour un coût assez bas. Par exemple, l’Espagne offre une protection très similaire à la France pour un coût bien plus faible, mis à part pour les frais médicaux qui sont (relativement) moins bien remboursés. En Italie, l’assurance maladie est très bonne mais l’assurance chômage est relativement limitée alors qu’aux Pays Bas, c’est l’assurance retraite qui protège peu. Dans tous les cas, il est nécessaire de bien étudier le système de protection sociale du pays d’accueil et de le compléter par des assurances privées si nécessaire. Dans certains cas, vous aurez alors une protection aussi bonne qu’en France, pour un coût plus faible.