Comme annoncé ces derniers jours dans le Journal de la Bourse, nous intégrons aujourd’hui dans
notre portefeuille international un nouveau fleuron. Il vient remplacer Hugo Boss,
clôturé le 14 juin 2023 en gain de 37,88% depuis son ouverture et de 31,09% depuis le 1er janvier. Notre cible du jour est américaine : Snowflake.
Ce nom ne vous dit probablement rien, il s’agit d’une entreprise d’hébergement de données en ligne (cloud) créée en 2012. Snowflake permet à ses clients de consolider leurs données numériques en une seule source pour en extraire des informations et des synthèses commerciales, créer des applications ou partager des données. Pour l’anecdote, derrière cette pépite à 60 milliards de dollars de capitalisation boursière, on retrouve deux cofondateurs français : Benoît Dageville et Thierry Cruanes.
Nous pensons que Snowflake a un potentiel de croissance important dans les années à venir, grâce au déploiement de l’intelligence artificielle générative. À l’image de Chat GPT, l’IA générative permet de générer du texte, des images ou d’autres contenus en réponse aux requêtes des utilisateurs.
Au premier trimestre, le revenu de Snowflake est ressorti à 623,6 millions de dollars, en hausse de 48% en glissement annuel. La société compte des clients professionnels majeurs : 373 clients dont le revenu sur les 12 derniers mois est supérieur à 1 million de dollars, et 590 clients du Forbes Global 2000. Au quatrième trimestre 2022, son chiffre d’affaires progressait déjà de 53% sur un an.
Pour l'exercice précédent, l'entreprise a enregistré une croissance de ses revenus produits de 70% en glissement annuel, pour un total d’1,9 milliard de dollars. Sur la période, son CA s’envolait de 69%, à 2,07 milliards de dollars. L’an dernier, Snowflake a recruté environ 1 900 nouveaux employés et prévoit d'en recruter 1 000 de plus cette année, contrairement à la tendance actuelle de licenciements dans le secteur technologique américain.
Les perspectives du groupe nous paraissent très intéressantes, en particulier via deux partenariats qu’il a tissés ces derniers mois. D’abord avec Amazon Web Services (AWS) qui l’engage à investir 2,5 milliards de dollars sur cinq ans. Concrètement, Snowflake propose des solutions logicielles pour analyser les données de clients partagés avec Amazon, dans son “Data Cloud”, un réseau mondial où des milliers d’entreprises et d’organisations mobilisent leurs données.
Un autre partenariat important a été scellé avec Nvidia, la célèbre entreprise américaine spécialisée dans la conception de processeurs graphiques. Avec l’essor récent de l’IA, le titre de Nvidia s’est envolé de 220% depuis le 1er janvier, dépassant les 1 100 milliards de capitalisation boursière.
L’objectif de cet autre partenariat est de faciliter le développement d'applications d'IA générative personnalisées. Ces applications seront conçues pour aider les entreprises à exploiter leurs données propriétaires dans le but de générer des synthèses précieuses. Pour ce faire, Snowflake intégrera la plateforme NeMo de Nvidia, spécialisée dans le développement de modèles linguistiques de grande taille.
Cette combinaison permettra aux entreprises clientes de créer des modèles personnalisés pour des services d'IA avancés comme les chatbots, la recherche et la synthèse de contenu. Grâce à cette personnalisation, les entreprises pourront maintenir leurs informations propriétaires entièrement sécurisées au sein de la plateforme Snowflake, sans avoir à déplacer leurs données. Les entreprises des secteurs de la santé, du commerce de détail et de la finance sont ciblées par le projet. Un projet également hébergé dans le Data Cloud de Snowflake.
Nous ne citons ici que les deux principaux et récents partenariats de Snowflake. En réalité, le groupe en tisse continuellement avec diverses sociétés et réalise également des acquisitions. En janvier, Snowflake rachetait par exemple Myst AI, une start-up de la Silicon Valley pour renforcer ses capacités en machine learning (apprentissage automatique, un sous-domaine de l’IA).
L’entreprise a une forte capacité d’innovation et investit beaucoup d’argent dans sa Recherche & Développement, créant des barrières à l’entrée de plus en plus rudes pour de nouveaux concurrents. Le groupe dépend encore à plus de 80% de clients américains pour réaliser son chiffre d’affaires mais se développe petit à petit à l’international, en particulier en Europe.
Deux bémols importants, l’entreprise est toujours endettée malgré des performances commerciales et financières en forte progression. Sa dette totale s’élevait à près de 800 millions de dollars l’an passé. Le groupe entend la réduire dans les prochains exercices grâce à son développement. L’autre point faible de Snowflake : la taille de certains de ses concurrents comme Microsoft ou Google.

Graphique boursier de Snowflake, en unité de temps hebdomadaire
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Sources : Meilleurtaux Placement, TradingView
Comme beaucoup de valeurs technologiques, le titre Snowflake est très volatil. C’est pourquoi cette recommandation s’adresse uniquement aux profils risquophiles. Le titre a ainsi perdu près de 60% de sa valeur en 2022, avant de rebondir de 25% en 2023. Nous pensons qu’il a encore un bon potentiel haussier à moyen terme. Nous l’intégrons au portefeuille international au prix actuel, à 172$, soit 155€. Notre objectif est fixé sous la résistance des 265$, à 255$ exactement (230€ au cours euro-dollar actuel). Le potentiel de hausse est de 48,39%. Comme toujours, notre horizon d’investissement est de trois ans au maximum.