Bonjour Pierre,
Dans un contexte où la sécurité énergétique redevient une priorité stratégique après les tensions apparues depuis le 28 février 2026, le nucléaire civil peut effectivement retrouver un rôle plus important. L’idée est simple : quand le pétrole et le gaz deviennent plus incertains, plus chers ou politiquement plus sensibles, les États cherchent davantage de production domestique, pilotable et moins dépendante des routes maritimes. Reuters soulignait encore récemment que le choc énergétique lié au conflit pousse de nombreux pays à réfléchir à une réduction de leur dépendance aux fossiles, tandis que l’Association nucléaire mondiale anticipe une hausse de la demande d’uranium d’ici 2030. Cela ne veut pas dire que tout le secteur montera d’un seul bloc, mais cela signifie que la chaîne nucléaire redevient un thème crédible de long terme, aussi bien pour le combustible que pour les services industriels qui permettent de faire tourner la filière.
Quand on regarde les sociétés cotées susceptibles d’en profiter, il faut raisonner par maillons. Le premier maillon, c’est évidemment l’uranium lui-même, avec des producteurs comme Kazatomprom ou Cameco. Le deuxième maillon, souvent encore plus stratégique, c’est l’enrichissement et la sécurisation de l’approvisionnement en combustible, avec par exemple Centrus, qui a obtenu début 2026 un important soutien public américain pour accroître ses capacités d’enrichissement. Le troisième maillon est plus indirect, mais très intéressant : l’ingénierie, les composants, les services et la mise en œuvre, avec des sociétés comme AtkinsRéalis dans l’ingénierie nucléaire ou BWX Technologies dans les composants et équipements. Cameco mérite aussi une attention particulière car l’entreprise bénéficie non seulement de l’uranium, mais aussi de son exposition à Westinghouse, actif important dans la construction et les services nucléaires. Autrement dit, si la thèse est celle d’une renaissance du nucléaire, les gagnants potentiels ne seront pas seulement les mineurs d’uranium, mais aussi les “pelles et pioches” de la filière.
Pour les ETF, il existe bien des véhicules orientés sur ce thème. Le Sprott Uranium Miners est le plus proche d’un pari direct sur la partie amont, c’est-à-dire les mineurs d’uranium et certains acteurs liés au métal lui-même. Le VanEck Uranium and Nuclear Technologies est plus large : il ne se limite pas aux mines et inclut aussi des entreprises liées aux technologies et infrastructures nucléaires. En pratique, cela signifie que le Sprott est plus “pur uranium”, alors que le VanEck est plus “écosystème nucléaire”. En revanche, il n’existe pas vraiment d’ETF grand public centré uniquement sur la logistique de mise en œuvre au sens strict ; pour cette exposition plus indirecte, le VanEck paraît aujourd’hui le véhicule le plus proche de cette idée.
Bien sûr, notre réponse ne constitue pas un conseil personnalisé. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.
Nous vous souhaitons une excellente soirée.