Bonjour Jean-Pierre,
Le cuivre nous paraît être une thématique intéressante à long terme, mais qui doit rester une poche de diversification plutôt que le coeur d’un portefeuille. La demande est soutenue structurellement par l’électrification, les réseaux électriques, les véhicules électriques, les data centers et plus largement les infrastructures numériques. Dans son scénario central publié en 2026, l’Agence internationale de l’énergie estime que la demande de cuivre pourrait progresser d’environ 7 millions de tonnes supplémentaires d’ici 2040 et que les projets actuellement annoncés laisseraient encore apparaître un déficit potentiel d’offre d’environ 25% en 2035.
Pour s’exposer directement au métal, une première possibilité est WisdomTree Copper (ISIN : GB00B15KXQ89). Il s’agit d’un ETC qui réplique une exposition au cuivre à travers des contrats à terme. Il est notamment coté en euros en Allemagne et en Italie. Attention cependant : il ne détient pas physiquement du cuivre. Sa performance peut donc s’écarter de l’évolution du prix au comptant en raison du renouvellement régulier des contrats à terme, appelé "effet de roll".
Pour une exposition aux producteurs, Global X Copper Miners (ISIN : IE0003Z9E2Y3) constitue une solution diversifiée. Il détient actuellement une quarantaine de sociétés minières, parmi lesquelles Freeport-McMoRan, Southern Copper, BHP, Antofagasta ou encore First Quantum Minerals. L’iShares Copper Miners (ISIN : IE00063FT9K6) repose sur une logique proche, avec 43 valeurs et une réplication physique de l’indice STOXX Global Copper Miners. Les deux supports présentent donc beaucoup de similitudes et les cumuler apporterait relativement peu de diversification supplémentaire.
Côté actions individuelles, plusieurs profils peuvent être étudiés. Freeport-McMoRan est l’un des grands spécialistes mondiaux du cuivre, avec des actifs aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Indonésie, mais son importante exposition à Grasberg ajoute un risque opérationnel et géopolitique. Antofagasta constitue une exposition particulièrement directe au cuivre, avec quatre mines situées au Chili. Southern Copper est également très concentré sur cette matière première, avec une présence importante au Pérou et au Mexique. Enfin, BHP offre une exposition moins "pure", car le groupe reste diversifié dans plusieurs matières premières, mais le cuivre représente désormais plus de la moitié de son EBITDA sous-jacent et constitue son principal axe de croissance.
En pratique, les trois approches répondent donc à des logiques différentes. L’ETC offre l’exposition la plus directe au cours du cuivre, mais avec le risque lié aux contrats à terme. Un ETF de minières réduit le risque propre à une entreprise mais reste très volatil et dépend aussi des coûts d’extraction, des devises, de la qualité des mines et des risques politiques. Une action individuelle peut offrir davantage de potentiel, mais concentre nettement plus les risques.
Dans une logique de long terme, notre préférence générale va plutôt vers une exposition diversifiée aux producteurs pour participer au thème structurel du cuivre, éventuellement complétée par une exposition directe au métal. La prudence reste néanmoins importante : après la forte hausse enregistrée depuis 2025, le cuivre reste une matière première cyclique, très sensible à la croissance mondiale et notamment à la Chine. L’IEA souligne d’ailleurs que les cours ont atteint des niveaux records en 2026. Une entrée progressive peut donc permettre de limiter le risque lié au point d’entrée, sans supprimer le risque de perte en capital.
Ces supports sont généralement à rechercher sur un compte-titres ordinaire plutôt que dans un PEA, sous réserve de leur disponibilité auprès de votre intermédiaire.
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