Bonjour,
Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, le pétrole monte, mais cela ne semble pas profiter à TotalEnergies.
Comment expliquer son parcours récent ? Comment envisager la suite pour Total en fonction de l'évolution du pétrole / de la situation ?
Merci
Bonjour Erwan,
L'action Total gagne environ 2,3% depuis le début des hostilités, après un pic à +8,5%.
Ce décalage est moins surprenant qu’il n’y paraît. TotalEnergies n’est pas un simple reflet du prix du pétrole. Son cours dépend aussi du gaz, du gaz naturel liquéfié, du raffinage, de l’électricité, de la politique de rachat d’actions et, surtout, du climat général sur les marchés. Or, la flambée récente du pétrole s’est produite dans un contexte où les actions européennes ont plutôt reculé, les investisseurs craignant un retour de l’inflation, des taux d’intérêt plus élevés et un ralentissement économique. Dans ce type de phase, une hausse du baril ne se transforme pas automatiquement en hausse équivalente du titre. Par ailleurs, le titre a fortement progressé ces derniers mois, limitant son potentiel d'appréciation à court terme.
Il faut aussi rappeler que la Bourse regarde moins le prix du pétrole du jour que sa capacité à rester élevé dans le temps. Si les tensions se détendent, si des réserves stratégiques sont utilisées ou si les flux de pétrole repartent plus normalement, une partie de la hausse du brut peut retomber assez vite. Le marché reste donc prudent avant de revaloriser fortement TotalEnergies. À cela s’ajoute un point récent : le groupe a réduit le montant de ses rachats d’actions au premier trimestre à 750 millions de dollars, même s’il a maintenu sa fourchette annuelle de 3 à 6 milliards de dollars pour un Brent compris entre 60 et 70 dollars.
Il faut enfin garder en tête que le modèle de TotalEnergies est très diversifié, ce qui constitue plutôt une force à long terme, mais rend la réaction du titre moins mécanique à court terme. Quand le pétrole monte, l’activité de production en profite, mais d’autres métiers peuvent être un peu moins porteurs. La direction a d’ailleurs expliqué qu’avec la remontée du brut, les marges de raffinage étaient revenues autour de 4 à 5 dollars par baril, ce qui compense une partie du bénéfice lié à la hausse du pétrole. Dans le gaz naturel liquéfié, les prix peuvent aussi évoluer avec un certain décalage à cause des contrats.
Pour la suite, le scénario reste plutôt favorable tant que le pétrole reste bien orienté sans provoquer un choc économique mondial trop violent. TotalEnergies conserve des bases solides, avec 15,6 milliards de dollars de résultat net ajusté en 2025, 27,8 milliards de dollars de trésorerie opérationnelle, un endettement maîtrisé autour de 15%, et un objectif de plus de 26 milliards de dollars de trésorerie en 2026 même avec un Brent à 60 dollars.
Le groupe vise aussi une hausse de 3% de sa production d’hydrocarbures et d’environ 25% de sa production d’électricité en 2026, ce qui montre que le potentiel du dossier ne repose pas uniquement sur un pétrole très élevé. Notre avis reste donc positif sur TotalEnergies : c’est l’une des opérations préférées sur le moyen et le long terme, et le titre figure dans le portefeuille défensif. Après une hausse de 4% en 2025 et de 24% pour le moment en 2026 (hors dividendes), nous visons toujours 75% sur le titre à moyen / long terme.
Bien sûr, notre réponse ne constitue pas un conseil personnalisé. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.