Bonjour Bernard,
Merci pour votre message. Beaucoup d'investisseurs se posent la même question. Nous nous permettons donc de partager notre réponse à l'ensemble de la Communauté Bourse Privée. Nous l'avons également intégrée dans le Journal de la Bourse de ce soir.
Le CAC 40 repasse ce mardi sous les 8 100 points et chute de 3,46% à 8 104 points (après -2,2% hier). Wall Street recule d’environ d’environ 2%, sa pire séquence depuis le « Liberation Day » (les premières annonces de droits de douane par Trump au printemps 2025).
Le signal d’alerte vient des marchés de l’énergie : le Brent bondit de plus de 8% et dépasse brièvement les 85 dollars, un plus haut depuis juillet 2024, et le gaz européen s’envole encore de près de 30% après sa flambée d’hier, porté par la fermeture prolongée de la plus grande usine de gaz naturel liquéfié au Qatar et la paralysie du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour une part majeure du pétrole et du gaz mondiaux.
On fait le point. Depuis vendredi soir, le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 perdent désormais 5,5% et 4,8%. Côté américain, le S&P 500 et le Nasdaq limitent leurs pertes, pour le moment, à 1,2% et 1,5%. L’écart de performance est donc important entre l’Europe et les États-Unis. Et ce n’est pas intuitif ! Dans la mesure où les Américains participent activement aux frappes sur l’Iran, mais pas les Européens.
Pourquoi une telle différence ? Ces tensions font surtout grimper le risque sur l’énergie. L’Europe dépend davantage des importations de pétrole et surtout de gaz, donc une hausse des prix pèse sur le pouvoir d’achat, les coûts des entreprises et la croissance, tout en ravivant l’inflation. En matière d’énergie, les États-Unis sont pratiquement autosuffisants.
Par ailleurs, les investisseurs anticipent un dilemme pour la BCE (inflation plus forte, croissance plus faible), ce qui dégrade les perspectives de bénéfices. De plus, les grands indices européens sont plus exposés à des secteurs sensibles aux cycles économiques et à l’énergie (industrie, banques, transport, parfois le luxe comme en France et en Italie), alors que les indices américains sont davantage portés par les technologies et bénéficient aussi d’un effet “valeur refuge” en période de stress, avec des flux qui se dirigent vers le dollar et Wall Street.
N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.
Bonne journée