Bonjour Eric,
Nous conservons un avis positif sur Saint-Gobain sur le moyen et long terme, l'action est présente dans
notre portefeuille défensif.
L’idée d’acheter Saint-Gobain en anticipant un grand cycle de reconstruction paraît logique sur le papier, mais en Bourse ce type de scénario met souvent beaucoup de temps à se traduire dans les résultats et dans le cours. Les marchés ont tendance à intégrer les attentes très tôt, puis à “réévaluer” en permanence en fonction d’éléments plus immédiats comme la conjoncture du bâtiment, le niveau des taux d’intérêt, les coûts de l’énergie et des matières premières, la demande en rénovation, ou encore la dynamique économique en Europe et en Amérique du Nord. Or Saint-Gobain reste une valeur cyclique, c’est-à-dire liée au cycle économique et immobilier : quand les taux montent ou que l’activité ralentit, les projets de construction et certains travaux se reportent, ce qui pèse sur la perception des investisseurs, même si l’entreprise est solide.
Le fait que l’action baisse rapidement lors des secousses de marché n’est pas forcément le signe d’une fragilité “propre” à l’entreprise. Dans les périodes de stress, les investisseurs réduisent souvent d’abord les positions sur les valeurs industrielles et cycliques, plus sensibles au cycle économique, avant de revenir ensuite quand la visibilité s’améliore. Ce comportement peut donner l’impression d’une action “vulnérable”, alors qu’il s’agit surtout d’une sensibilité normale au contexte.
La vraie question à se poser est de savoir si la thèse d’investissement initiale est toujours valide et surtout si l’horizon de temps est cohérent. Les reconstructions et la rénovation énergétique peuvent soutenir le secteur sur plusieurs années, mais ce n’est pas un interrupteur qui s’allume du jour au lendemain. À l’inverse, si l’achat reposait sur une hausse rapide et “évidente”, l’expérience montre que ce type de pari est souvent décevant, car le marché a déjà en partie anticipé ou parce que d’autres facteurs dominent à court terme.
Enfin, si la baisse lors des mouvements de marché est difficile à vivre, cela renvoie moins au choix d’une action en particulier qu’à la gestion du risque : une valeur cyclique peut faire de bons parcours, mais elle peut aussi être chahutée. Dans ce cas, l’enjeu devient l’équilibre global du portefeuille, la diversification et le niveau d’exposition à un secteur sensible comme le bâtiment, afin d’éviter qu’une seule conviction ne pèse trop en période de volatilité.
Bien sûr, notre réponse ne constitue pas un conseil personnalisé. N'hésitez pas à nous contacter si vous avez la moindre question.
Bonne journée